En route pour Cannes 2016

Houlala ! ça fait un moment que je n’avais pas écrit un billet de blog ! Ces deux dernières années, je me suis investi dans toutes sortes de projets à mi-chemin entre le personnel et le professionnel (comme ça, ça ou ça), ce qui m’a laissé de moins en moins de temps pour écrire ici. Je me demandais même si je n’allais pas baisser définitivement le rideau… et puis finalement le festival de Cannes me donne l’occasion de rédiger une dernière salve de billet.

Tortue rougeJe vais tous les ans à Cannes et les chroniques que j’écris ici sont les seules traces qui me restent de cette petite aventure qui se répète chaque printemps. Cannes, c’est une expérience d’un genre un peu particulier : n’espérez pas en garder une trace fidèle avec de simples photos souvenir. Pendant 10 jours, on avale 3 à 4 films par jour (voire même 5 lorsque tout se goupille à la perfection), on fait la queue pendant des heures, on courre sur la croisette d’une salle à l’autre, souvent sous la pluie, sans une minute de répit, en mangeant n’importe comment et en dormant à peine… Ok, présenté comme ça, je suis d’accord : ça ne donne pas très envie et ce n’est pas très glamour. Mais « faire » un festival comme Cannes, c’est surtout plonger en apnée au cœur du cinéma mondial pendant presque deux semaines. D’ordinaire, un film est un petit monde clos sur lui-même. Il n’y a rien de plus différent d’un film qu’un autre film. Mais quand on en voit une trentaine d’affilée en un temps très court, tout change : les images, les histoires, les personnages se mélangent et on comprend que ces différentes fenêtres donnent toutes sur le même paysage.

J’entends d’ici les grincheux acquiescer en ricanant : « En effet, Cannes c’est toujours le même paysage : des films intellos, prétentieux ou abscons ! » Ce n’est pas tout à fait faux mais c’est loin d’être vrai. Oui, la compétition officielle fait la part belle au cinéma d’auteur international exigeant et à un petit club de réalisateurs, dont un certain nombre d’abonnés qui ont « la carte ». Mais l’horizon s’élargit considérablement si l’on prend en compte l’ensemble des sélections (Hors compétition, Un certain regard, Quinzaine des réalisateurs, Semaine de la critique, Cannes Classics, Acid). Sur les 120 ou 130 films selectionnés, tous les styles sont représentés. En 2015 par exemple (une cuvée particulièrement morose du côté de la compétition), les meilleurs films de genre de l’année étaient projetés sur la croisette : Mad Max, Vice versa, Green room… Cette année, il y a trois dessins animés à voir (dont La Tortue rouge, la première production internationale du studio Ghibli), des films de loups-garous (Grave de Julia Ducournau), des films de fantômes (Personal Shopper d’Olivier Assayas), plusieurs films de vampires (The Transfiguration de Michael O’Shea, The Neon Demon de Nicolas Winding Refn, et même une copie restaurée des Vampires de l’espace de Bava !) Bref, il y en a pour tous les goûts et si on aime les mélanges, on est servi aussi. Dans le genre du cross-over improbable, je suis particulièrement curieux de découvrir Isabelle Huppert dans Elle, le nouveau film de Paul Verhoeven, qui a égayé mon adolescence avec des films de SF gentiment subversifs comme Robocop, Total Recall ou Starship Troopers.

Je ne vais pas faire la liste complète de mes attentes : un festival c’est généralement une suite de déceptions… et de bonnes surprises totalement imprévisibles (j’aurais difficilement pu prédire l’année passée que j’accrocherais bien à un film islandais sur des éleveurs de moutons !) Rendez-vous dans 10 jours pour voir si ce sont les déceptions ou les surprises qui l’emportent cette année!

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4 réponses à En route pour Cannes 2016

  1. Li-An dit :

    Si tu ne l’as pas vu « Black Book » de Verhoeven mérite le détour. Quant à Huppert, j’espère qu’elle joue le rôle d’une femme qui est passé sous le bistouri: je ne vois plus que ça…

  2. Cachou dit :

    Ah, le réveil cinématographique!

  3. Nicolas dit :

    @ Li-An : hey c’est sympa d’être encore là après un an sans billet ! :) Je n’ai vu aucun film européen de Verhoeven mais j’en ai entendu bcp de bien. Je te trouve méchant avec Huppert. Je ne trouve pas qu’elle ait l’air spécialement refaite moi !

    @Cachou : C’est surtout le dernier sursaut avant une mise en hibernation définitive de ce blog.

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