La Grande guerre de Joe Sacco et la narration spatiale

Cet été, les voyageurs qui passaient par la gare Montparnasse à Paris et qui empruntaient son tapis roulant bien connu pour rejoindre le métro ont pu admirer une gigantesque fresque de Joe Sacco commémorant la première guerre mondiale. Le dessin de Sacco mesure 132 mètres de long et décrit de façon minutieuse le premier jour de la bataille de la Somme. Cette longue frise intitulée La Grande guerre a été publiée sous forme de leporello par Futuropolis en avril dernier (un leporello est un ouvrage plié en accordéon – le mot est un hommage au valet éponyme qui, dans le Don Giovanni de Mozart, déroule une interminable liste des conquêtes féminines de son maître). Le travail de Sacco est admirable : la reconstitution est soignée, documentée et précise, mais c’est surtout un très beau travail de dessin et un formidable exemple de narration spatiale.

La frise de Joe Sacco dans le métro (photo LA Times)

La Bataille de la Somme de Joe Sacco dans la station de métro Montparnasse-Bienvenüe (photo : LA Times)

La frise de Sacco se présente en effet comme un seul espace continu, mais elle est en même temps séquentielle, narrative et chronologique. Sacco joue très habilement sur la perspective et la scénographie pour déployer, sans solution de continuité, un récit qui s’étend en fait sur 24 heures et dans différents lieux. Les événements se succèdent de gauche à droite. Le dessin s’obscurcit pendant que la nuit tombe et, tandis que le jour se lève, les préparatifs du début laissent peu à peu la place à un chaos presque abstrait composé d’explosions en forme de champignons et de corps démantibulés.

Un extrait de l'oeuvre de Joe Sacco - cliquer pour agrandir

Un tout petit extrait de l’œuvre de Joe Sacco – cliquer pour agrandir

Dans le livret qui accompagne son travail, le dessinateur cite deux sources d’inspirations : la tapisserie de Bayeux (une très longue broderie réalisée au XIe siècle qui relate la conquête de l’Angleterre par Guillaume de Normandie) et Manhattan Unfurled de Matteo Pericoli, un leporello de 6 mètres de long représentant la ville de New York publié en 2001.

Une version imprimée de la tapisserie de bayereux sous forme de leporello

Une version imprimée de la tapisserie de Bayeux sous forme de leporello. La tapisserie originale fait 70 mètres de long.

Le fait que ces deux œuvres soient distantes d’un millénaire me semble frappant et même révélateur. En effet, si on cherche d’autres exemples de narration spatiale comparables au travail de Sacco, on en trouve plusieurs qui sont issus de temps reculés, d’autres encore qui nous sont strictement contemporains, mais entre ces deux extrêmes il y a comme un vide. Les longues frises décoratives ont toujours existé bien entendu mais j’ai l’impression que les « récits déroulants » comme celui de Sacco se concentrent aux deux extrémités de l’histoire de l’art.

Parmi les exemples ancestraux, on pourrait citer la célèbre colonne Trajanne, une colonne triomphale romaine élevée au début du deuxième siècle. Le récit des guerres daciques gravé dans le marbre présente la particularité de s’enrouler de bas en haut, tout autour du fût de cette colonne monumentale.

trajanne

Le relevé d’une petite partie de la colonne trajanne (cliquer pour agrandir). Comme ça on dirait un peu une bande dessinée mais en réalité il n’y a pas de cases ni de solutions de continuité. Source.

Autre exemple auquel j’ai tout de suite pensé : les rouleaux impériaux chinois. J’ai en effet eu la chance de pouvoir en observer plusieurs entièrement dépliés lors de leur présentation au musée Guimet en 2006. Ces rouleaux peints de très grande dimension (une quinzaine de mètres) était conservés précieusement dans des coffrets laqués richement ouvragés. Je cite le catalogue de l’exposition : « les œuvres ne sont traditionnellement pas exposées, mais déroulées en petit comité, sur une table, et laissent entrevoir leur contenu, section par section, de droite à gauche, en « brassées » d’environ cinquante centimètres. La peinture défile ainsi au rythme désiré. » Comme chez Sacco, les rouleaux chinois reposent sur une documentation extrêmement précises, ils représentent un seul espace continu mais ils sont en même temps séquentiels et chronologiques. Par exemple, dans le deuxième rouleau appartenant à la série des Chasses de Mulan intitulé Le Campement, on observe d’abord le démontage d’un camp de chasse, puis le cheminement des porteurs jusqu’à un second emplacement où est établi le campement impérial, où l’empereur lui-même assiste à un spectacle de lutte mongole.

Un détail du rouleau intitulé L'encerclement et l'intégralité du rouleau initulé Le campement, tous les deux issus de la série intitulée Les chasses de Mulan, réalisée au milieu du XVIIIe siècle par Giuseppe Castiglione (nom chinois Lang Shining) Cliquer pour agrandir.

Un détail du rouleau intitulé L’Encerclement et l’intégralité du Campement, tous les deux issus de la série intitulée Les chasses de Mulan, réalisée au milieu du XVIIIe siècle par Giuseppe Castiglione (nom chinois Lang Shining). Les images proviennent du catalogue édité par le musée Guimet : Les Tres Riches heures de la cour de Chine, Réunion des musées nationaux, 2006. Cliquer pour agrandir.

Quittons l’Asie : on retrouve le même genre de procédé dans certaines œuvres occidentales du Moyen-âge ou de la Renaissance qui n’adoptent pas forcément le format du rouleau ou de la frise, comme dans ce célèbre tableau de Memling qui représente une vue générale de Jérusalem où apparaissent « simultanément » chacune des étapes de la passion du Christ.

    Les Scènes de la passion du Christ de Hans Memling (réalisé aux environs de 1470) - Cliquer pour agrandir

Les Scènes de la passion du Christ de Hans Memling (réalisé aux environs de 1470) – Cliquer pour agrandir.

D’un point de vue moderne, on pourrait considérer ces différents dispositifs narratifs comme des sortes de bandes dessinées inabouties. En effet, le principe d’une bande dessinée est de déployer dans l’espace un récit chronologique. Cependant, la grande trouvaille des dessinateurs de bd consiste à dissocier la continuité temporelle et la continuité spatiale grâce à un artifice simple – le découpage en cases – ce qui leur permet de raconter des histoires moins linéaires, plus complexes, et de se libérer de la forme du rouleau (ou de la grande image unique) pour investir pleinement la forme livre.1

La narration spatiale serait donc un phénomène archaïque, ce qui explique son éclipse presque totale pendant la période moderne2. J’ai pourtant l’impression que les « récits déroulants » refont surface ces derniers temps. Premier indice purement formel : on ne compte plus les ouvrages en forme de leporello – comme La Grande guerre –  qui sortent en librairie. L’éditeur Nobrow en publie de magnifiques dans une collection dédiée. Les éditions Soleil ont récemment publié dans leur collection Noctambule l’amusant Fenêtres sur rue de Pascal Rabaté (une longue frise représentant une rue dans laquelle il est possible de déchiffrer une histoire en observant soigneusement les habitants derrière leurs fenêtres). Je pourrais également citer les belles créations de B.ü.L.b comix et bien d’autres choses encore mais ce n’est pas la peine d’aller plus loin : je ne veux pas parler des livres accordéons en tant que tels.

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Bicycle d’Ugo Gattoni, un leporello édité par Nobrow qui représente une course cycliste dans un décor invraisemblable (Photo : Accordion publications) Plutôt que de multiplier (de façon contre-intuitive) un même personnage comme le fait Memling, les leporellos narratifs font plus volontiers intervenir une foule de personnages identiques : soldats, cavaliers… ou cyclistes.

Il y a en effet quelques beaux exemples de narration spatiale qui ne prennent pas forcément la forme d’un leporello. Cela aurait pourtant pu être le cas pour les deux ouvrages de la série Les Trois chemins de Garcia et Trondheim : tout au long du livre, le lecteur suit trois histoires qui se déroulent le long de trois chemins qui se suivent, se mêlent ou se croisent.

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Lewis Trondheim et Sergio Garcia, Les Trois chemins, Delcourt 2003 (Cliquer pour agrandir)

Sergio Garcia semble particulièrement apprécier ce procédé car il l’a utilisé une nouvelle fois dans Mono & Lobo, réalisé en collaboration avec Lola Moral. Le livre prend cette fois-ci la forme de quatre grands posters à déplier.

Parmi les exemples récents les plus originaux de narration spatiale, certains ne se trouvent pas en librairie mais sur nos écrans. Le Long voyage (2013) de Boulet est un exercice de style talentueux qui met en scène la traversée jubilatoire d’un monde imaginaire à travers une longue série de chutes et de courses poursuites. Quant à Click and drag (2012) de XKCD, c’est une démonstration poétique de l’infinie richesse du monde : la dernière case de la planche peut être cliquée et déplacée afin de faire défiler son contenu. A la grande surprise du lecteur, c’est un véritable petit monde qui peut être ainsi exploré. Transposée sur le papier on estime que cette unique case mesurerait 14 mètres de large et 5 mètres de haut !

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Un tout petit fragment du Long voyage et de Click and drag. Si vous ne connaissez pas, je vous invite vivement à cliquer sur les liens car ces deux œuvres valent vraiment le détour  (j’avoue que j’ai surtout un coup de coeur pour le voyage de Boulet)

Le style graphique du Long voyage rappelle les jeux vidéo des années 80 et ce n’est pas tout à fait un hasard : on peut émettre l’hypothèse que c’est le jeu vidéo qui a réhabilité en premier la narration spatiale avec l’apparition des jeux de plateforme dans le style de Mario Bros (1983).

La fun du premier niveau de Mario Bros

La fin du premier niveau de Mario Bros.

Dans un article consacré à l’architecture narrative des jeux vidéo, Henry Jenkins fait d’ailleurs le rapprochement entre les rouleaux japonais3 et les jeux vidéo de Nintendo : « lorsqu’on définit une œuvre aussi influente que le Super Mario Bros de Shigeru Miyamoto comme un jeu à défilement horizontal (« scroll game »), on le rattache en fait à une tradition de narration spatiale bien plus ancienne : de nombreuses estampes japonaises sur rouleau (« scroll » en anglais) retracent de cette façon le changement des saisons sur un support déroulant. » (source, traduction modifiée)

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Le très joli Limbo, un jeu de plateforme/réflexion sorti en 2010 – ça ne vous fait pas penser un peu à Click and drag maintenant que je vous le dit ?

Au delà du jeu vidéo, le mouvement du doigt sur la molette de la souris (ou sur l’écran tactile d’une tablette) pour faire défiler une page est devenu aujourd’hui un véritable automatisme. Dans Réinventer la bande dessinée (2000) Scott McCloud définissait la bande dessinée numérique comme une « toile infinie » que la fenêtre de l’ordinateur permettait d’explorer librement et il prédisait le succès des bandes dessinées à défilement horizontal ou vertical4. Les écrans informatiques allaient selon lui permettre à de nouvelles formes de bande dessinée d’émerger en réintroduisant le principe du défilement dans nos habitudes de lecteur – principe que l’on croyait définitivement abandonné depuis que le codex (le livre en cahiers avec une charnière centrale) s’est substitué au volumen (le bon vieux rouleau) dans les étagères de nos bibliothèques.

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Scott McCloud, Réinventer la Bande dessinée, Vertige Graphic, 2002, p. 218

McCloud cite visuellement la tapisserie de Bayeux, comme s’il avait compris que le scrolling réhabilitait en même temps les formes ancestrales de narration spatiale. Ce qu’il n’avait pas prévu, c’est que les bd atypiques qu’il imaginait n’allaient pas se limiter à nos écrans mais qu’elles allaient aussi coloniser le support imprimé, comme le démontre La Grande guerre de Sacco.

Pour aller voir ailleurs : Accordion publications, un blog délicieux consacré aux leporellos

  1. Même dans la bande dessinée moderne, on peut assister ici et là à des résurgences de narration spatiale. Dans une double planche baptisée Le HLM infernal, Jano représente par exemple une barre de HLM vue en tranche, où les différents appartements deviennent des cases. Dans ce cas de figure, l’espace narratif se superpose complètement à l’espace physique du bâtiment. Les éléments architecturaux (cloisons, fenêtres…) sont souvent détournés de cette façon par les auteurs de bande dessinée (voir par exemple cette autre planche issue du Spiderman de Marcos Martin). Dans certaines bédés, on peut également reconnaitre des formes de narration spatiale bâtarde : je pense à ces planches composées d’un arrière-plan unique mais sur lequel se juxtaposent des cases qui permettent de prélever différents instants. Scott McCloud propose de nommer « polyptyques » ce type de séquence (pour en savoir plus, voir ici et ). Autre exemple « bâtard » de nature plus expérimentale : Travelling Square District de Greg Shaw est composé d’une grande image unique mais d’où l’auteur a extrait différents fragments qu’il a ré-agencé sous forme de bande-dessinée (plus d’explications ici). []
  2. On pourrait être tenté de faire une exception pour certaines œuvres d’avant-garde comme La Prose du transsibérien (il s’agit d’un un long poème de Blaise Cendrars imprimé sur un leporello de 2 mètres à côté d’une peinture de Sonia Delaunay) mais ces œuvres ne me semblent pas suffisamment narratives pour être citées. Dans le « poème simultané » de Cendrars et Delaunay, c’est le texte qui porte la narration, les formes peintes figurent vaguement le défilement du paysage par les fenêtres du train et la rythmique du texte mais elles me semblent surtout décoratives. []
  3. Les rouleaux japonais baptisés « emaki » sont la version nippone des rouleaux chinois. Je ne sais pas grand chose à leur sujet mais il y a un article sur Wikipedia qui semble très complet []
  4. En prophétisant que le scrolling serait un trait essentiel de la bd numérique, McCloud touchait en plein dans le mille mais pour bien s’en rendre compte, il faut jeter un œil en dehors de la France où le modèle majoritaire est le blog bd. En Corée par exemple, les bandes dessinées en ligne (appelées « webtoons ») se lisent quasiment toutes en faisant défiler verticalement les cases. Le site français delitoon s’efforce d’importer ce modèle chez nous avec des créations originales ou des adaptations d’œuvres françaises. Ces bande dessinée verticales donnent souvent lieu à des expérimentations graphiques, cinétiques ou narratives. Pour un exemple français un peu original voir Operation Opera de Vincent Perriot []
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22 réponses à La Grande guerre de Joe Sacco et la narration spatiale

  1. Li-An dit :

    J’en avais chroniqué une sympa il y a quelques années – mais impossible de la retrouver – de BD numérique qui défile avec « le doigt » (à l’époque ça ne devait même pas exister) de haut en bas. Ça me parait un sens intéressant parce qu’on garde un cadrage horizontal (grosso modo la largeur de vue) avec des possibilités narratives. Après, on retrouve les limites des supports informatives (manque de repère physique pour « garder la page » ou savoir où on en est, obligation de suivre un sens imposé (il n’y a pas de sens réellement imposé dans une planche BD classique où on s’est rendu compte que les gens pouvaient choisir les cases qu’ils regardaient d’abord avec de lire) et le fait que ça reste des « expériences » prouve le manque de souplesse de la chose.

    • Nicolas dit :

      Quand McCloud a écrit son bouquin en 2000, ce format posait un problème technique (le strip entier était trop lourd à charger – je me rappelle encore d’expériences peu satisfaisantes) ça explique peut-être que ce format soit mal aimé et peu répandu, encore aujourd’hui. Pourtant, il marche du tonnerre en Corée comme je l’écris et la plateforme delitoon estime carrément qu’il est « révolutionnaire » : http://www.delitoon.com/a-propos.html

      Sur la question « est-ce intéressant/ergonomique ou pas ? », il y a des débats intéressants chez les fans de bd coréenne qui font des traductions sauvages en ligne : il y a toute une polémique entre ceux qui veulent tronçonner les longs strips coréens en planches individuelles (pour des raisons d’ergonomie ou de facilité de lecture) et les puristes qui estiment qu’on perd ainsi toute l’intérêt de la bd originale et qu’on va contre l’intention de l’auteur….

      • Li-An dit :

        Oui, bon, citer Delitoon, ce serait comme demander à un élu UMP ce qu’il pense de Nicolas Sarkozy…
        On a vu avec les BD Poche que l’on perdait beaucoup de l’oeuvre originale. Je peux comprendre la réticence de passer au papier un truc numérique mais si le format global est préservé, ça rajoutera juste des degrés de lecture – et on peut toujours allumer sa tablette pour lire la version numérique. De toute manière, le numérique est toujours plus lourd que le bouquin à cause de la dépendance au support.

        • Nicolas dit :

          Hihi, pas faux pour delitoon.

          Les BD poche je m’en souviens, j’en lisais quand j’étais petit (genre 8 ans) et même en étant un lecteur totalement candide je me rendais compte qu’il y avait quelque chose qui n’allait pas.

          Le passage au papier des bds numériques c’est une autre vaste question. Pour les bds coréennes on perd quand même beaucoup lorsque c’est imprimé. Par exemple quand on passe de ça : http://neuviemeart.citebd.org/local/cache-vignettes/L530xH4254/image_Bokyoung2-215f4.jpg à ça : http://neuviemeart.citebd.org/local/cache-vignettes/L550xH419/image_Bokyoung3-1cb46.jpg

          Sur le passage papier/numérique quel que soit le sens, il y a encore beaucoup de progrès à faire de tout façon. Je dis ça parce qu’il vient de m’arriver un mauvais tour : j’ai acheté une bd au format kindle parce qu’elle était beaucoup moins chère et disponible immédiatement. Malheureusement, je me suis rendu compte qu’elle était composée uniquement de double planches et le lecteur d’Amazon sur Ipad ne permet pas d’afficher des double pages ! Résultat, j’en suis réduit à essayer de cracker mon propre fichier pour pouvoir lire mon livre….

  2. Demisev dit :

    Chouette article (comme les autres), pas mal de découvertes pour moi!

  3. Escrocgriffe dit :

    Article passionnant, c’est amusant, car quand j’ai commencé à le lire j’ai immédiatement pensé au jeu « Limbo », que tu cites un peu plus loin. C’est génial de se dire qu’on peut encore (ré)inventer la façon de raconter des histoires, surtout avec le développement de nouvelles technologies : avec l’arrivée en 2015 des casques virtuels comme l’Occulus (PC, Mac) et du Morpheus (PlayStation4), on peut tout à fait imaginer un retour de ces narrations spatiales, et se plonger dans des univers gigantesques…

    • Li-An dit :

      Avec l’Oculus et ses avatars, on va surtout réinventer le vomissement en salon…

      • Escrocgriffe dit :

        Dans les années 90, c’était peut-être le cas, mais plus maintenant : la technologie des casques virtuels a sacrément progressé. Et puis, je ne pensais pas forcément à des jeux d’action, mais plus à des expériences comme le fut « Myst », un jeu d’ambiance très calme dans lequel on explore des univers alternatifs, à la recherche d’énigmes. On peut même imaginer une tapisserie de Bayeux virtuelle qu’on pourrait admirer, voler autour de la colonne Trajanne… Bref, découvrir des oeuvres d’art numérisées alors que les versions réelles sont impossibles à observer en détail.

    • Nicolas dit :

      Je vais me passer d’intervenir dans la discussion avec Li-An sur la réalité virtuelle !

      Par contre, pour rebondir sur ta remarque, ce que je trouve intéressant à explorer ce sont les notions qui peuvent circuler entre des domaines de création en apparence éloignés (l’art ancien ou non occidental, la bd, le jeu vidéo…). Sur la narration et l’espace, on pourrait citer l’architecte Bernard Tschumi qui estime que ses bâtiments doivent raconter des histoires et qui conçoit carrément ses projets sous la forme de petits storyboard qu’il appelle des transcripts. J’aurais presque pu citer ces documents étonnants mais je ne suis pas bien sûr de comprendre comment ça se lit. En tout cas, en suivant cette piste architecturale en effet on retombe sur les espaces virtuels que tu évoques.

      Pour nuancer ce que je viens de dire, les notions issues du storytelling ont tendance a être un peu envahissante ces derniers temps et parfois il y a des emprunts qui sont absurdes (un truc qui me fait rire, dans les émissions de cuisine maintenant les plats doivent forcément « raconter quelque chose » ou « avoir une histoire »).

      • Escrocgriffe dit :

        « En tout cas, en suivant cette piste architecturale en effet on retombe sur les espaces virtuels que tu évoques. »

        Tout à fait ! Je ne connaissais pas du tout Bernard Tschumi, ni ces documents surprenants, je te remercie pour l’info. Je trouve ça génial que le storytelling évolue, mais avec l’apparition de nouveaux supports, au final c’est tout sauf une surprise. Quand on pense que tout commence (au moins) avec les grottes de Lascaux, ça donne le vertige ;)

        • Nicolas dit :

          Bernard Tschumi c’est un peu spécial ce qu’il fait (moi je n’aime pas trop). A Paris, on lui doit par exemple le parc de la Vilette.

          • Escrocgriffe dit :

            Ah d’accord ! C’est là où je me rends compte que je manque sérieusement de culture en ce qui concerne l’architecture contemporaine… Les monuments antiques, c’est bien, mais il va falloir un jour que je rattrape mes lacunes ;)

            • Nicolas dit :

              Je te rassure je ne connaissais pas non plus jusqu’à ce qu’on organise une expo sur lui dans l’endroit où je travaille. C’est là que j’ai découvert sa méthode de travail originale.

  4. Li-An dit :

    Je suis abonné à Joystick puis Canard PC depuis fort longtemps et même si les progrès réalisés vont faire baisser le nombre de mal de mer, c’est de toute façon quasi obligé (contradiction entre ce que l’on voit et ce que ressent l’oreille interne). De plus, désolé mais on sort du sujet initial, les jeux vidéos « à extension physique » n’ont jamais fait long feu. Les gens, une fois le plaisir de la découverte passé, préfèrent les choses simples. Kinect, lunettes 3D etc… ça saoûle. Ça sera réservé aux musées, parc d’attraction et autres trucs un peu sortant de l’ordinaire.

  5. Solesli dit :

    chouette click and drag! :-))

  6. Solesli dit :

    …comme antistress je veux dire! :-)

    • Nicolas dit :

      Tant mieux si ça t’a plu :-) J’avoue que je n’ai pas eu le courage d’aller très loin : j’ai triché et j’ai téléchargé la grande image sans me balader dans la case.

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